Politique


Présentation de l’éditeur

L’état de crise générale qui règne aujourd’hui dans la société française, comme l’a révélé, entre autres, l’ampleur sans précédent de la « Manif pour tous », menace aujourd’hui l’universalité même de notre modèle sociopolitique national. Depuis que les trois notions qui fondent nos « valeurs républicaines » – liberté, égalité, fraternité – ont été détournées de leur sens véritable. La « liberté », devenue illimitée, consacre un sujet dominé par son seul ego, l’« égalité” est désormais synonyme d’une abolition de toute différence, fût-elle biologique, et la « fraternité » se réduit à des promiscuités imposées. D’une promesse d’élévation citoyenne passant par l’accession de tous à l’autonomie, les principes des Lumières semblent bien conduire aujourd’hui à la négation même de ce qui définit notre humanité. Comment pareille grandeur humaniste a-t-elle pu dégénérer, en moins de trois siècles, en humanitarisme hygiénique de base ? Ne faut-il pas chercher dans l’échec métapolitique du libéralisme mondialisé la réponse à cette question, qui dépasse de loin la banale scission gauche/droite ? Paul-François Paoli passe au crible les mensonges et les contradictions criantes de la « religion laïque » en convoquant tour à tour dans le débat saint Augustin, Nietzsche, Raymond Boudon ou encore Pierre Manent.

Critique du Figaro

La déroute des socialistes aux municipales illustre en profondeur un changement d’époque. Quels que soient les thèmes abordés, les Français, dans leur majorité, ne pensent plus selon les concepts qui ont fait les succès de la gauche. Une tendance que confirme Paul-François Paoli, essayiste et chroniqueur au Figaro littéraire. Poussant loin la généalogie intellectuelle, l’auteur remonte jusqu’à la Révolution française et à son rêve de régénération de l’humanité, ambition qui, selon Paoli, porte deux cents ans plus tard des fruits mortifères. Liberté ? Devenue un absolu, cette idée dissout le bien commun en autorisant l’individu qui s’en prévaut à ne faire que ce qui lui plaît. Égalité ? Le concept s’est transformé en machine de guerre assignée à la chasse aux différences, y compris celles, anthropologiques, qui distinguent l’homme de la femme. Fraternité ? Qu’en est-il quand le recul du lien national au profit des communautarismes aboutit à édifier des murs entre les hommes qui vivent sur le même territoire ? Dans sa conclusion, prenant le contrepied du relativisme et de la « théologie des droits de l’homme », Paoli plaide pour la nécessité des normes, des frontières et des distinctions, ajoutant que la tradition catholique « paraît la mieux armée pour résister aux mirages subversifs de la postmodernité ». Appelant de ses vœux une « révolution conservatrice », il achève de bousculer le politiquement correct, ce qui confère à cet ouvrage bien sérieux son caractère jubilatoire.

Malaise de l’Occident : Vers une révolution conservatrice ?
par Paul-François Paoli
publié chez Pierre-Guillaume de Roux Éditions
le 20 mars 2014
à Paris,
303 pages.
ISBN-13: 978-2363710840


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