
Source: http://www.holytaco.com/punks-party-hard
En 1998, lorsque j’ai déposé mon projet de recherche de maîtrise, c’était clair pour moi. J’arrivais à la conclusion que le décrochage scolaire n’était pas relié aux structures mais à la culture générée par le ministère de l’éducation. Les années ont passées et je peux maintenant ajouter que les médias traditionnels n’aident pas nos jeunes à s’articuler. Que ce soit à l’école, à la télé, à la radio ou dans les journaux, il y a peu de places aux vrais débats, résultats : pas d’intérêt pour pousser plus loin la réflexion et sortir des sentiers battus.
L’exemple de l’euthanasie et du suicide assisté
J’ai participé à la Commission sur l’euthanasie et le suicide assisté (1). Étrangement, tous les députés, membres de cette commission semblaient, à quelques nuances prêts, tous en faveur d’ouvrir la porte à l’euthanasie et au suicide assisté. Or, j’aurais aimé avoir une plus grande représentativité autour de la Table. Certes, les citoyens et les organismes ont pu s’exprimer; cependant, peu de médias ont ouvert le débat. J’ai entendu des entrevues avec des tenants des diverses positions, mais encore une fois, peu de confrontation d’idées en direct. Les seules confrontations que j’ai été témoin furent celles entre l’animateur et l’invité; rien pour sortir des sentiers battus. L’auditeur croit ainsi que l’animateur a raison et que son interlocuteur est déphasé et ainsi va la vie.
L’absence de débat
L’absence de débat démontre que le principe de la pensée unique est fort au Québec. Si les médias avaient optés pour des confrontations d’idées sur les ondes, ils auraient contribués à mousser la réflexion. Pas de face à face, pas de débats, pas de débats, pas d’enthousiasme, pas d’enthousiasme, pas d’intérêts pour apprendre, seulement un désir de s’informer. Les débats et les confrontations poussent l’auditeur à se faire une opinion plus recherchée.
Au service de l’information et non de la réflexion
Les médias servent à informer la population de ce qui devrait être juste, selon leur point de vue. Ils ont donc intérêt à ne pas permettre de vrais débats, en direct. Un de mes confrères citait souvent ce proverbe français : Du choc des idées jaillit la lumière. Heureusement qu’ailleurs en Occident, on en voit. Le problème est que les médias québécois veulent promouvoir une culture qui correspond aux aspirations de leurs commanditaires… Là-dessus on y reviendra, c’est le sujet d’un autre papier.
Décrochage
Quand il y aura de vrais débats sur les ondes, je suis convaincu que nos jeunes s’intéresseront davantage à l’instruction. Ils auront l’occasion d’exprimer leurs opinions. Pour cela, ils n’auront pas le choix de lire et de chercher. C’est comme si on offrait des cours de guitare à des jeunes en leur disant qu’ils ne pourront jamais présenter leur pièce devant un public. On réduit alors de beaucoup la motivation des jeunes. C’est pourquoi que je crois que si on change la culture médiatique, on va inévitablement transformer la motivation des jeunes à apprendre et non seulement à s’informer.
Internet
Heureusement Internet sert à la propagation d’une variété de positions. Nous y retrouvons tous les spectres et segments inimaginables sur une variété de sujet. Grâce aux plateformes telles que « Facebook », « You Tube » les sites « web » et les blogues, nous sommes témoins d’un vaste rayonnement de la liberté d’expression. Encore là, les débats en directe en sont pratiquement absents. On ne s’en sort pas, la culture d’apprentissage sera popularisée que si l’on donne de la place à la confrontation des idées. Or, quand ce rêve sera un jour une réalité au Québec, on appellera cela un réveil…
Éric Lanthier, M. Éd.
1. Appelé officiellement Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.