Chroniques

Ce matin, j’ai découvert ce merveilleux texte sur Facebook que je devais absolument partager avec vous. Je le reproduis donc intégralement ici.

 

Le conflit Étudiant.

par Marianne Bernard-Lord, mardi 15 mai 2012,

Comme plusieurs milliers de personnes au Québec, je suis une étudiante. Non, je ne suis pas une  »Sale hippie communiste » qui est contre la hausse des frais de scolarité. Je ne suis pas non plus une  »faschiste qui croit en l’abus de pouvoir et en une fausse démocratie » contre la grève. Non. Avant tout,je suis un être humain qui croit en la bonté de l’être, en la vérité, en l’amour et, par-dessus tout, au respect de la vie de tous. Comme la majorité des gens depuis plusieurs semaines, je vois que ça brasse dans ma province. Depuis le début de ce conflit, comme plusieurs, je réfléchis, je m’informe, je questionne, j’écoute les arguments des deux côtés et je forge mon propre opinion. Depuis le début aussi, je déplore les comportements violents, irréfléchis et irrespectueux. J’en ai assez du manque de savoir-vivre que certains citoyens étudiants font preuve à l’égard de leurs pairs. C’est pour cela que j’ai décidé de faire part de mon opinion par rapport au conflit étudiant.

Je veux m’adresser particulièrement aux gens qui ont fait abus de leur droit de manifester et à ceux qui les défendent. Ceux qui disent que leurs droits fondamentaux sont bafoués, qu’ils sont jugés par une population qui ne s’informe pas ou qui se laisse manipuler par les médias. Je me pose parfois des questions par rapport à votre jugement. Je me demande parfois si vous avez réfléchissez par vous-mêmes vous aussi et si vous réfléchissez suffisament aux conséquences négatives de vos actes.

Tout d’abord, chers gens qui avez bloqué des ponts et des routes dans les débuts du conflits. Avez-vous songé aux conséquences que ça a pu avoir sur les foyers des gens qui allaient travailler pour nourrir leur famille, avez-vous pensé à la personne qui se rendait à l’hôpital pour une opération et qui, à cause de son retard n’a pas pu larecevoir? Avez-vous songé à l’employé qui est arrivé en retard  »une fois de trop » et qui a perdu son emploi? Vous êtes-vous mis à leur place? Avez-vous songé aux conséquences que cet acte illégal a pu avoir sur la vie de tous ces gens? Avez-vous aussi songé aux propriétaires des voitures que vous avez cabossées et ceux des murs des bâtiments sur lesquels vous avez laissé aller votre droit de parole? Mais ce doit être que des dommages collatéraux pour  »la cause ». Ce ne doit pas être si grave.

Avez-vous aussi songé à l’impact des graffitis dans les endroits publics, aux monuments et aux biens que vous avez saccagés, défoncés et recouverts de peinture? Quelle cause est assez grande pour détruire ce qui vous appartient à vous aussi? De quel droit profanez-vous des statues érigées en l’honneur de gens qui se sont battus eux aussi pour des causes en lesquelles ils croyaient? Comment osez-vous cracher sur des cadeaux fait au peuple québécois (dont vous faites partie)?

Pour ce qui est des préjugés que vous dites être victimes, j’ai des nouvelles pour vous: nous sommes tous victimes de préjugés, à chaque jour. N’est-ce pas illustrer le préjugé comme quoi tous les policiers aiment les beignes? Je me demande: ceux qui ont manifesté avec des beignets pour amadouer les policiers, comment auraient-ils réagi si c’étaient les policiers qui avaient essayé de faire de même avec des produits apple et du café de chez starbucks. Je me demande si ces jeunes gens auraient aussi bien réagi et auraient ri de la  »bonne blague ».

J’ai aussi des questions envers la poignée de gens qui ont lancé des fumigènes dans le métro de Montréal et ceux qui les défendent et qui affirment que ce n’es pas du terrorisme. Tout d’abord, pour vous, qu’est-ce que du terrorisme? Doit-il obligatoirement y avoir des morts ou, minimalement, des blessés pour être considéré comme tel? Moi, personnellement, je vois le terrorisme comme un ensemble d’actes violents et illégaux commis avec l’objectif de provoquer un climat de terreur au sein de l’opinion publique ou d’ébranler la force d’un gouvernement ou d’un groupe. En m’appuyant sur cette définition, oui, c’est du terrorisme. Et pour ceux qui croient qu’il n’y a eu que quelques gens en retard au travail, c’est faux. J’ai entendu le témoignage d’un père qui, ce jour-là comme à tous les jours, envoyait son fils de 12 ans à l’école par le métro. Cet enfant s’est retrouvé seul, sans argent et livré à lui-même au beau milieu de Montréal sans aucun moyen de rentrer chez lui ou de se rendre à l’école. Vous imaginez le drame si cet enfant avait disparu? Il n’était sûrement pas le seul de son âge à rendre le métro pour se rendre à l’école non plus.

Je veux aussi m’adresser aux grévistes qui disent qu’ils ont le droit de manifester et d’exposer leur opinion. Absolument. Comme le dicte l’article 3 de la charte des droits et libertés de la personne:  »Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association. ». Exactement, une réunion pacifique. Ce droit, vous l’avez probablement vu bafoué. Mais comptons ensemble les articles de cette même charte que vous n’avez pas respecté. Commençons par l’article 1 (Tout être humain a droit à la vie, ainsi qu’à la sûreté, à l’intégrité et à la liberté de sa personne): en quoi la sûreté et la sécurité du policier qui fût tabassé lors de l’émeute à Victoriaville a-t-elle été respectée par les grévistes? Pour ce qui est de l’article 3, celui que vous utilisez pour vous justifier, en quoi la liberté de penser des gens qui ne sont pas d’accord avec vous est-elle respectée quand vous les couvrez d’insultes et que vous les menacez de toutes sortes de façons? Parlons maintenant de l’article 6 ( Toute personne a droit à la jouissance paisible et à la libre disposition de ses biens, sauf dans la mesure prévue par la loi). Quand je vois les graffitis qui souillent les murs de la ville, quand j’entend parler des gens dont les biens ont été salis, détruits, je me demande en quoi certains étudiants ont respecté cet article-ci. lors des votes de grève dans les cégeps, il y a eu bien des cas où l’article 9.1 a été transgressé ( Les libertés et droits fondamentaux s’exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l’ordre public et du bien-être général des citoyens du Québec) Oui, des votes ont été biaisés, des assemblées ont été votées en secret ou n’ont pas été annoncées afin que tous les étudiants aient une chance de s’informer et de voter. Certains votes ont été repris à maintes et maintes reprises jusqu’à l’obtention d’un  »oui à la GGI ». En quoi de tels actes sont-ils un respect de la démocratie? Je pourrais en énumérer toute le nuit, mais je crois que ceux que j’ai cités ont assez d’impact ainsi.

Pour finir, je tiens à vous partager quelques paroles que je trouve très sages: la violence n’entre en oeuvre que lorsqu’on n’a plus rien à dire. Chers gens,soyez assez intelligents pour respecter les citoyens qui ne sont pas d’accord avec vous et respectez ce qui appartient à la population entière. Prouvez que vous avez assez de respect pour les autres êtres humains pour respecter ce qui leur appartient aussi. Prouvez que vous êtes assez intelligents pour ne pas poser de gestes stupides et regrettables. Merci à vous tous de votre lecture.

Sincèrement, un être humain.

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