Plus d’inscrits pour l’an prochain à l’Université de Montréal malgré la hausse de droits annoncée

by Pour une école libre

L’Université de Montréal, malgré la hausse des droits annoncée pour l’automne, a déjà, au moment où on se parle, 6 % d’étudiants inscrits pour 2012-2013 DE PLUS que l’an dernier à pareille date.

À noter que la population potentielle typique qui peut s’inscrire pour la première fois à l’Université diminue doucement au Québec (l’effet de la contraction continue de la démographie).

Nombre de jeunes au Québec en 2011

Âgés de 16 ans —   94 472
Âgés de 17 ans —   96 764
Âgés de 18 ans — 100 408
Âgés de 19 ans — 105 169
Âgés de 20 ans — 108 432
Âgés de 21 ans — 107 005

L’étudiant québécois débourse 9 000 dollars, alors qu’il en coûte 90 000 au cégep et à l’université pour lui offrir les cinq années d’études après le DES. Ce sont les deux ordres de gouvernement, et principalement celui du Québec, qui absorbent le gros de la facture. En fait, en proportion de nos moyens financiers, l’effort de notre secteur public en faveur de l’enseignement universitaire est le plus élevé de la planète, juste derrière celui du Danemark et celui de la Norvège. Subvention payée par tous  les contribuables, même ceux dont les enfants ne seront pas diplômés, des gens pourtant plus pauvres en moyenne que les parents des diplômés !

Notons que les faibles frais de scolarité au Québec appauvrissent les universités québécois et ne garantissent pas une plus forte fréquentation et encore moins une plus forte diplomation qu’ailleurs.

Rien ne semble indiquer qu’une hausse des frais de scolarité réduise l’accessibilité aux études universitaires. Il suffit de se pencher sur la situation en Ontario et en Nouvelle-Écosse. Ces deux provinces ont les frais de scolarité les plus élevés du Canada, tout en ayant également le plus haut taux de fréquentation universitaire. Du côté du Québec, les frais de scolarité et la fréquentation universitaire sont tous les deux parmi les plus bas au Canada.

À ce sujet, une étude de Statistique Canada a confirmé que la hausse des frais de scolarité n’avait pas d’impact sur la fréquentation des universités. Entre 1993 et 2001, les frais de scolarité ont augmenté de 77 % au Canada. S’il est vrai que le taux de fréquentation universitaire dépend fortement des revenus et des études des parents, durant cette même période, les jeunes issus de familles à revenu moyen ou faible n’étaient pas moins susceptibles de fréquenter l’université en 2001 qu’ils ne l’étaient en 1993.

En fait, comme le révèle le tableau ci-dessus, les jeunes Québécois ne souffrent pas principalement d’un problème d’accès aux études universitaires, mais bien plutôt d’un problème de persévérance jusqu’au diplôme.  Est-ce que les fortes subventions n’encouragent pas indirectement ce décrochage universitaire dont les frais sont épongés par tous les contribuables ?

Sources JdM et Stats Québec,

Voir aussi

Les faibles frais de scolarité appauvrissent les universités québécoises et ne garantissent pas un meilleur accès

Frais de scolarité, taux de diplomation et dette du Québec

Universités — Appel à la violence d’un comédien subventionné (pléonasme) de gauche (idem) ?

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