PIRLS — Les jeunes élèves québécois lisent moins bien que élèves du reste du Canada

by Pour une école libre

Le Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS) est une évaluation internationale qui dégage les tendances dans le rendement en lecture des élèves de 4e année et dans les politiques et des pratiques en matière de “littératie“. L’étude est réalisée tous les cinq ans par l’Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (AIE), consortium indépendant d’instituts de recherche et d’organismes gouvernementaux.

Les résultats des élèves du Québec sont demeurés stables, ils se classent sous la moyenne canadienne.

Lors de cette évaluation, les élèves devaient répondre à des questions à choix multiples et à des questions à réponse construite. Plus d’un quart de million d’élèves, ainsi que leurs parents, leurs enseignantes et enseignants et les directrices et directeurs de leurs écoles, ont également rempli des questionnaires les interrogeant sur divers facteurs contextuels, à la maison et à l’école, associés au rendement en lecture.

Résultats en lecture selon le pays ou la province
Rang  Pays et province   Note
moyenne 
 Écart
Type
1 Hong Kong (RAS) 571 (2,3)
2 Fédération de Russie 568 (2,7)
3 Finlande 568 (1,9)
4 Singapour 567 (3,3)
5 Irlande du Nord 558 (2,4)
6 Colombie-Britannique 556 (3,2)
7 États-Unis 556 (1,5)
8 Danemark 554 (1,7)
9 Croatie 553 (1,9)
10 Formose (Taïwan) 553 (1,9)
11 Ontario 552 (2,6)
12 Irlande 552 (2,3)
13 Angleterre 552 (2,6)
14 Nouvelle-Écosse 549 (2,4)
15 Alberta 548 (2,9)
16 Canada 548 (1,6)
17 Terre-Neuve-et-Labrador 546 (2,8)
18 Pays-Bas 546 (1,9)
19 République tchèque 545 (2,2)
20 Suède 542 (2,1)
21 Italie 541 (2,2)
22 Allemagne 541 (2,2)
23 Israël 541 (2,7)
24 Portugal 541 (2,6)
25 Hongrie 539 (2,9)
26 Québec 538 (2,1)
27 République slovaque 535 (2,8)
28 Bulgarie 532 (4,1)
29 Nouvelle-Zélande 531 (1,9)
30 Slovénie 530 (2,0)
31 Autriche 529 (2,0)
32 Lituanie 528 (2,0)
33 Australie 527 (2,2)
34 Pologne 526 (2,1)
35 France 520 (2,6)
36 Nouveau-Brunswick francophone 514 (2,7)
37 Espagne 513 (2,3)
38 Norvège 507 (1,9)
39 Belgique (francophone) 506 (2,9)
40 Roumanie 502 (4,3)
Point central de l’échelle du PIRLS 500
41 Géorgie 488 (3,1)
42 Malte 477 (1,4)
43 Trinité-et-Tobago 471 (3,8)
44 Azerbaïdjan 462 (3,3)
45 Iran (République islamique) 457 (2,8)
46 Colombie 448 (4,1)
47 Émirats arabes unis 439 (2,2)
48 Arabie séoudite 430 (4,4)
49 Indonésie 428 (4,2)
50 Qatar 425 (3,5)
51 Oman 391 (2,8)
52 Maroc 310 (3,9)

Forte progression des premiers, stabilité du Canada et du Québec

Alors que le Canada et le Québec ont des résultats stables depuis 2001 : le Québec progresse d’un seul point non statistiquement significatif et le Canada de quatre points, les premiers du classement ont beaucoup progressé. Hong-Kong, la Russie et Singapour augmentent leurs résultats de près de 40 points.

Même les États-Unis ont bien progressé.  Depuis 1997, la lecture y est devenue un combat national. À cette date, le Congrès a mis en place une commission chargée de faire la synthèse de toutes les recherches scientifiques sur l’apprentissage de la lecture, d’identifier les méthodes les plus efficaces et d’établir un plan de bataille, le National Reading Panel, qui a sensibilisé de nombreux Etats de l’Union. Résultat : les écoliers américains ont nettement amélioré leurs performances en lecture depuis dix ans.

Peu de lecteurs très avancés au Québec

Par rapport aux autres pays, le Canada affiche un pourcentage moindre d’élèves ayant un faible rendement, mais il présente également une proportion plus faible d’élèves très performants par rapport aux pays en tête de classement. En outre, les élèves des écoles de langue anglaise au Canada sont plus nombreux que leurs camarades des écoles de langue française à se classer aux seuils repères élevé et avancé. Pour ce qui est de l’écart des résultats selon le sexe, les filles sont proportionnellement plus nombreuses que les garçons à atteindre le seuil repère avancé au Canada.

Le Québec affiche un pourcentage moindre d’élèves performants (43 %) et très performants (7 %) que la moyenne internationale, respectivement 44 % et 8 %. En d’autres mots, le Québec a peu de très bons lecteurs, mais sa moyenne est supérieure à la moyenne internationale parce qu’il a moins de très mauvais lecteurs. Plusieurs pays avec une note moyenne moins bonne que le Québec ont un nombre plus important de lecteurs performants (voir ci-dessous).

Pourcentage d’élèves en fonction des seuils de rendement
Rang Pays et province %
Avancé
%
Élevé
1 Singapour 24 62
2 Hong Kong (RAS) 18 67
3 Fédération russe 19 63
4 Finlande 18 63
5 Irlande du Nord 19 58
6 États-Unis 17 56
7 Angleterre 18 54
8 Colombie-Britannique 15 55
9 Irlande 16 53
10 Ontario 15 54
11 Formose (Taïwan) 13 55
12 Danemark 12 55
13 Nouvelle-Écosse 14 52
14 Croatie 11 54
15 Israël 15 49
16 Alberta 13 51
16 Canada 13 51
18 Terre-Neuve 13 50
19 Hongrie 12 48
20 Nouvelle-Zélande 14 45
21 République tchèque 8 50
22 Bulgarie 11 45
23 Italie 10 46
23 Allemagne 10 46
25 Portugal 9 47
25 Suède 9 47
27 Pays-Bas 7 48
28 Australie 10 42
29 République slovaque 8 44
Médiane internationale 8 44
30 Slovénie 8 42
31 Québec 7 43
32 Lituanie 6 39
33 Autriche 5 39
34 France 5 35
35 Nouveau-Brunswick (francophone) 8 29

(Classement par ordre décroissant de la somme des élèves à rendement avancé et élevé)

Langue parlée à la maison et influence des parents

Les élèves qui parlent toujours la langue du test à la maison obtiennent un meilleur rendement en lecture.

Le PIRLS confirme également le rôle incontestable des parents comme modèle principal de comportement en lecture. À l’échelle internationale comme au Canada, les élèves dont les parents affirment aimer la lecture ont un rendement en lecture nettement supérieur à celui des élèves dont les parents n’aiment pas la lecture.

Motivation des élèves importante

Ce rapport examine également le rendement des élèves en lecture à la lumière de leurs attitudes, de leurs comportements et de leurs activités en dehors de l’école. Les résultats montrent que les élèves du Canada comptent parmi ceux qui aiment le plus lire au monde et cette propension a une relation positive avec leur rendement en lecture. En outre, les filles aiment plus lire que les garçons, mais les résultats du PIRLS montrent toutefois que les garçons qui aiment lire affichent un aussi bon rendement que les filles. La motivation des élèves vis-à-vis de la lecture et l’investissement des élèves dans les leçons de lecture sont deux autres facteurs qui ont une relation positive avec leur rendement en lecture. Plus les élèves sont motivés ou investis dans leurs leçons de lecture, plus leurs résultats en lecture sont élevés.

Fort taux d’exclusion d’élèves au Canada et au Québec

Au Canada, la population d’élèves de 4e année a été couverte à 90,1 p. 100, avec un taux d’exclusion pondéré global de 9,9 p. 1001. D’un point de vue international, il s’agit de l’un des taux d’exclusion les plus élevés, avec seulement trois participants comptant plus d’exclusions que le Canada : la Région administrative spéciale de Hong Kong (11,8 p. 100), Israël (24,6 p. 100) et la Floride, aux États-Unis (12,9 p. 100). Dans la plupart des autres pays, le taux d’exclusion ne dépassait pas 5 p. 100. Aussi, faut-il être prudent lorsqu’on généralise les résultats du PIRLS à l’ensemble de la population d’élèves de 4e année au Canada.

En règle générale, les élèves (immigrants pour la plupart) qui avaient suivi moins d’une année d’enseignement dans la langue du test devaient être exclus des tests PIRLS. À l’échelle provinciale, le taux d’exclusion à l’échelle des élèves va de 1 p. 100 au Québec à 9,7 p. 100 en Colombie-Britannique. Par contre 99 % des écoles de Colombie-britannique faisant partie de l’échantillon initial ont participé à l’étude, alors que seules 96 % des écoles québécoises l’ont fait.

Le cas italien.. et mormon

Au niveau international, le rapport entre le niveau d’études des enseignants et le rendement en lecture des élèves est positif et linéaire jusqu’au niveau du baccalauréat universitaire.

En ce qui concerne le niveau des études de deuxième et troisième cycle universitaire, les gains sont inégaux d’un pays à l’autre (et il n’y a pas de différence au Canada).

Étrangement, les résultats italiens en lecture sont légèrement supérieurs à ceux du Québec, mais un tiers au moins des institutrices italiennes de 4e année n’ont qu’un diplôme de l’école secondaire.

Il n’est pas clair, pour nous, s’il y a un lien de cause à effet dans cette corrélation : les pays les plus avancés et consacrant le plus de temps et d’argent à l’alphabétisation demandant une plus longue formation sans que celle-ci soit nécessairement utile à un bas âge. Rappelons que la meilleure école primaire en Colombie-Britannique selon le classement de l’Institut Fraser est une école de mormons polygames où aucune des institutrices n’a même un diplôme universitaire à notre connaissance.


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zarmagh December 16, 2012 at 2:18 pm

49 % des Québécois ont des difficultés de lecture et cherchent à éviter les situations où ils ont à lire, et lorsqu’ils parviennent à décoder une phrase, ils n’en saisissent pas forcément le sens. Et ça veut devenir indépendant !!! Mouahahah !!
http://www.ledevoir.com/societe/education/330606/l-analphabetisme-au-quebec-un-fleau-pour-toute-la-societe

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Jason Mailley December 31, 2012 at 1:30 pm

C’est quoi le rapport avec la souveraineté ??!? Selon toi, les souverainistes veulent mettre en place un gouvernement contrôlé par ceux qui ne savent pas lire? Tu semble faire partit de ceux “qui ne saisissent pas le sens de ce qu’ils lisent”.

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