Journalisme 101: qui sont les casseurs ?

by David


Un spin souvent répété depuis le début des violences étudiantes à Montréal veut que les méfaits commis à Montréal soit l’oeuvre de simples casseurs, de petits malfaiteurs sans envergure.  Qu’en est-il vraiment…

Petite leçon de journalisme.

Voici ce qu’on a pu voir à Montréal mardi matin:

NEFAC

Sur cette bannière, remarquez le logo dans le coin inférieur droit.  C’est celui de la NEFAC: North Eastern Federation of Anarchists Communists.

Un journaliste le moindrement curieux aurait pu utiliser Google pour faire la recherche suivante: « NEFAC Montréal ».

NEFAC

Un bon journaliste aurait cliqué sur ce lien et aurait vu la page suivante:

NEFAC

Remarquez le logo de l’UCL, l’Union Communiste Libertaire, un groupe qui croit que la violence est un moyen légitime de revendication et qui est surveillé par le SCRS.

Si on poursuit la navigation, on peut voir ceci sur leur site:

NEFAC

Pour les journalistes qui l’ignorent, ASSÉ signifie Assosiation pour une Solidarité Syndicale Étudiante. Pour les journalistes qui l’ignorent, ASSÉ est l’ancien nom de la CLASSE: Coalition Large de l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante. Ce nom a été changé l’automne dernier en prévision de la grève.

On peut donc voir que sur ce blogue anarcho-communiste, il y a 48 billets sympathiques à l’ASSÉ/CLASSE.  Retournez voir la photo prise mardi matin et retournez lire ce billet et tirez-en vos conclusions.

Et sur ce blogue, voici ce qu’on peut lire à propos de l’action directe (un terme important pour les anarcho-communistes):

Dico anticapitaliste : Qu’est-ce que l’action directe?

Émile Pouget, militant anarchiste et secrétaire adjoint de la CGT au début du XXe siècle, donne de l’action directe la définition suivante : « L’action directe, manifestation de la force et de la volonté ouvrière, se matérialise, suivant les circonstances et le milieu, par des actes qui peuvent être très anodins, comme aussi ils peuvent être très violents. C’est une question de nécessité, simplement. Il n’y a donc pas de forme spécifique à l’action directe ». On ne saurait donc la réduire à « un abattage copieux de carreaux » disait-il en référence aux vitres brisées par les grévistes en colère. Elle ne correspond ni à un légalisme étroit ni à un illégalisme de principe.

L’action directe est d’abord la manifestation d’un combat de masse et de classe : « Aussi disons-nous d’abord que la grève, le sabotage, la grève générale, qui sont les moyens de pratiquer l’action directe, sont des formes de lutte tirées du mouvement ouvrier lui-même, écrivait en 1909 Victor Griffuelhes, secrétaire de la CGT. Puisqu’avec l’une et l’autre, c’est le travailleur, et seulement le travailleur qui agit ; ensuite, que pour rendre ces formes d’action puissantes et efficaces, il faut avoir confiance en elles et apprendre à s’en servir ».

L’action directe court-circuite toute forme de représentation et cherche à libérer ses acteurs des pièges symboliques de la loi, de la représentation et de la négociation. Elle est la traduction stratégique de la maxime de la Première Internationale : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

L’action d’un militant et d’un groupe n’a rien à voir avec l’action directe si, dans le discours ou dans les faits, celui-ci se met en posture d’avant-garde, de représentant du prolétariat ou s’il prétend se substituer à lui pour mener la lutte.

Les syndicalistes révolutionnaires du début du XXe siècle, confrontés aux difficultés de la lutte de classe, insistaient sur le caractère pédagogique de l’action directe, qu’ils qualifiaient volontiers de « gymnastique révolutionnaire ». « Reconnaissons-le ! disait Griffuelhes. Si le prolétaire est, même malgré lui, contraint d’avoir recours à ces armes, il le fait d’une main malhabile. Il ne sait pas ! Il n’a pas appris ou n’a pas retenu. Aussi ne sommes-nous pas étonnés des insuccès qui jalonnent notre route ! Nous luttons poussés par les nécessités, mais nous luttons mal. »

La pratique de l’action directe et en particulier de la grève doit permettre à une fraction de la classe ouvrière de prendre conscience de sa force. Le paroxysme de ce mouvement se trouve dans le déclenchement de la grève générale qui verra le renversement de la république et du capitalisme.

La notion d’action directe est une clé essentielle pour saisir la nature du projet libertaire.

Si j’étais un journaliste, je verrais dans cette série de faits et de déclarations, matière à faire un reportage sur les milieux anarchistes montréalais et à poser quelques questions aux gens de la CLASSE…

Est-ce pour cette raison que la CLASSE refuse de condamner clairement certains gestes, pour ne pas déplaire à des des alliés idéologiques ?

La question est pertinente et mérite d’être posée.  Il n’y a peut-être rien, il y a peut-être quelque chose, mais au final l’histoire mérite d’être fouillée.

La question est d’autant plus pertinente que le 5 mai 2012, voici ce qui a été décidé lors du congrès de la CLASSE: « Que la CLASSE appelle à une semaine de perturbations économiques et politiques dans la semaine du 13 mai. Que la CLASSE organise une action massive le 15 mai 2012 à Montréal et appelle à la grève sociale ».

MISE-À-JOUR

Lu sur le site de l’ASSÉ:

Revendications

L’ASSÉ s’oppose à toute forme de lobbying et de négociation, non légitimé par la présence d’un rapport de force significatif par la base étudiante. [...]

L’ASSÉ réaffirme le syndicalisme de combat comme moyen de faire entendre ses revendications.

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Gisss May 10, 2012 at 9:33 pm

Intéressante théorie.

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