Hélios d’Alexandrie répond à vos questions (suite)

by Poste de Veille

Dans cette 2e (et dernière) chronique consacrée au « courrier des lecteurs », Fayoum5aHélios d'Alexandrie répond aux questions qui lui ont été posées via Facebook ou dans la section commentaire de sa chronique précédente.

Je vous invite à prendre connaissance non seulement de la chronique précédente d’Hélios, mais aussi des commentaires qui la suivent. Hélios aborde une multitude de questions allant de l’amputation de la main des voleurs, de l’excision, des crimes d’honneur, de l’exécution des homosexuels jusqu'à l’immigration, en passant par les stratégies de lutte contre l’islamisation. 

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Hélios d'Alexandrie répond à vos questions

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Sitting Bull 

Que dire à des musulmans, foncièrement bons et précieux au sens le plus noble du terme, mais peu cultivés (l'une ne sait pas lire), pour qu'ils n'aient plus la conviction d'aller en enfer ? En excluant toute source non "estampillée musulmane", qu'ils pourraient suspecter de mensonge... Pas facile de voir des gens que j'aime avoir peur d'aller en enfer. Pas facile de trouver comment les en dissuader. Pas facile de trouver les arguments, le moment, et de ne pas les blesser.

Cher Sitting Bull,

 

Vous avez mis le doigt sur l'élément principal responsable de l'asservissement des musulmans: la peur de l'enfer. Il ne s'agit pas là de sentiments de culpabilité et encore moins de regrets ou de contrition face au "péché". On enseigne aux musulmans le halal et le haram, soit le licite et l'illicite, si le croyant s'adonne à l'illicite et devient un transgresseur, il sera châtié dans ce bas-monde et surtout dans l'autre. Il sera condamné à l'enfer où il devra brûler éternellement et ingurgiter du métal en fusion; les démons l'empaleront et à chaque fois que sa peau se consumera une nouvelle peau lui sera donnée afin qu'il continue de souffrir. Ces visions horribles de l'enfer sont décrites dans le détail et non sans délectation dans le coran, qui comme chacun sait est la parole incréée d'Allah immuable et valable pour l'éternité.

 

Le péché proprement dit n'existe pas dans l'islam il est remplacé par la transgression des interdits. Le musulman c'est un peu comme la femme de Barbe bleue, la transgression qu'il commet est indélébile et se mérite un châtiment sans appel, elle s'ajoute dans la colonne des mauvaises actions jusqu'à sa mort. Une fois dans la tombe le transgresseur devra rendre des comptes aux anges inquisiteurs; en attendant d’être admis en enfer au jour du jugement, il souffrira atrocement dans la tombe et sera visité par un serpent chauve qui le terrorisera à l'extrême, au point que les gens vivant dans le voisinage du cimetière l'entendront hurler de frayeur et appeler à l'aide.

On constate par là qu'il s'agit d'une peur typiquement infantile, l'islam fige la conscience, il lui interdit d’évoluer et d'atteindre le stade adulte. Toute sa vie le musulman s'efforcera de ne pas sortir de sa zone de confort, là où son observance et sa soumission le mettront à l'abri de la peur. Affublé d'une éthique primitive et incapable sur le plan moral de voler de ses propres ailes, il n'a d'autre choix que de s'en remettre à l'autorité religieuse pour la conduite de sa vie.

 

Le pouvoir que se sont donné les imams sur l'esprit des gens est phénoménal, il faut dire qu'ils en rajoutent à tous les jours, de telle sorte que les couches des interdits ne cessent de se superposer, particulièrement en occident. Le voisinage des infidèles invite à la transgression des interdits et augmente par conséquent les chances de finir en enfer. Tout est matière à transgression, surtout le fait de se lier d'amitié avec les infidèles; c'est pourquoi le croyant doit être mis en garde et incité à ne pas céder à ses penchants, la proximité du danger doit le pousser à davantage d'observance.

 

Le nœud du problème est donc la peur de l'enfer, pour le résoudre il faut dissiper la peur. Pour ancrer la peur dans l'esprit des gens l'islam les infantilise, pour les libérer de la peur il faut les aider à grandir et à devenir autonomes sur le plan moral. Pour soumettre les musulmans l'islam exploite leur crédulité et leur émotivité, pour les aider à se libérer il faut respecter leur intelligence et leur témoigner de l'amitié. Avec le temps ils réaliseront que l'islam n'est pas la seule voie de salut et ils oseront s'aventurer loin de leur zone de confort.

 

Il n'y a pas de truc ou de recette, l'empathie par contre est un élément essentiel, la patience et l'écoute également. Il s'agit de bâtir dans un premier temps un lien de confiance qui permettra à la personne de parler de ses peurs et de trouver du réconfort.

 

Les musulmans n'ont pas besoin qu'on leur démontre que leur peur de l'enfer ne se justifie pas, la peur est un handicap et tous les handicapés vous diront qu'ils apprécient davantage la compréhension que les conseils. Si la relation de confiance est établie ils finiront par vous demander si vous avez peur vous aussi et se montreront prêts à vous écouter.

 

Pour aider quelqu'un à se relever il est nécessaire de se pencher et de se placer à son niveau. On peut comprendre la peur sans la partager, il suffit de se référer à ses propres sentiments de peur, ceux que l'on entretient comme ceux que l'on a réussi à surmonter, cela rend plus humble et l'on devient par le fait même plus crédible.

 

Ce qu'on dit a moins d'importance que la manière de le dire. La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne (Pierre Corneille, Le Menteur). Et ce qu'on dit ne doit jamais être présenté comme une vérité absolue mais comme une invitation à l'échange. Les imams ne dialoguent pas, ils donnent des directives strictes et prononcent des sentences, il est donc important de ne pas les imiter. Pour le musulman, parler, échanger c'est déjà grandir et se diriger vers l'âge adulte, c'est par le fait même se libérer graduellement de l'emprise de ses peurs.   

 

Et il ne faut pas perdre de vue que la générosité et l'amitié sincère finissent presque toujours par l'emporter.

 

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Suzanne Sirois

  • Comment se comparent les idées d'Abandon (soumission) et d'Amour entre les religions chrétienne et musulmane ?
  • À quelles évangiles apocryphes se réfère le Coran ?
  • Est-ce que le sacrifice d'animaux (fête de l'Aid ) est un rite païen ?
  • Est-ce que les soufis étaient chrétiens avant de devenir musulmans ? Sont-ils considérés comme des hérétiques musulmans ?

Chère Madame Sirois,

 

Je constate que vous êtes intéressée à faire le parallèle entre le christianisme et l’islam. Le dialogue des religions est à l’ordre du jour et il est de mise de faire valoir les points communs entre les religions monothéistes.

 

Réponse à la première question


Si l'on accepte le fait que l'islamisme représente l'islam authentique, la comparaison entre les idées de soumission à Allah et d'Amour chrétien n'est pas pertinente. C'est un peu comme si on réactualisait le dialogue entre Jésus et Pilate: "Tu es le roi des juifs?" "Mon Royaume n'est pas de ce monde!" La soumission à Allah est dans ce cas aussi éloignée de l'Amour chrétien que Pilate l'était de Jésus. L'islam est une idéologie politique et la domination d'Allah est une domination politique ou plus précisément un totalitarisme politico-religieux. La soumission à Allah s'apparente dans ce cas à la soumission des allemands à Hitler ou à celle des coréens du Nord à Kim Yong Il, elle est même à bien des égards plus pernicieuse.

 

La politique ne s'est pas mêlée à l'islam de la même façon qu'elle s'est mêlée au christianisme. La politique est l'ingrédient principal de l'islam, si on se fie au coran et à l'histoire islamique telle qu'elle est rapportée par les historiens musulmans on est droit d'affirmer que Mahomet n'était en rien soumis à Allah et que c'est plutôt Allah qui a été instrumentalisé par Mahomet.

 

Voilà pour l'islam authentique, cet islam est en progression depuis le premier choc pétrolier en 1973, il a profondément modifié le paysage politique du monde et il est en voie de modifier profondément les sociétés occidentales.

 

Cependant la piété personnelle et le besoin de spiritualité authentique amène nombre de musulmans à vivre leur religion différemment. Ils accordent par conséquent une plus grande dimension spirituelle et une véritable intériorité à leur pratique religieuse. La soumission à Allah acquiert par conséquent une signification exclusivement religieuse. Allah transcende l'être humain mais il est miséricordieux et bon, il écoute les prières et exauce ses adorateurs. Ces derniers lui témoignent leur amour en l'adorant et en se soumettant à sa volonté, c'est de cette façon qu'ils obtiennent le salut et la paix. 

 

Comparé à l'Amour dans le christianisme, la soumission à Allah pourrait s'apparenter au premier commandement de Jésus-Christ: "Tu aimeras Dieu de toute ta force de toute ton âme et de tout ton esprit!" Par contre le second commandement, "tu aimeras ton prochain comme toi-même" n'est pas exprimé. Mais il y a également d'autres éléments manquants tels que: "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé" et " Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son fils unique... Car Dieu n'a pas envoyé son fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui."  L'Amour de Dieu pour les humains, amour total et inconditionnel n'est pas pensable dans l'islam.

 

Réponse à la seconde question


L'islam ou plutôt le coran a plagié le proto-évangile de St-Jacques connu aussi sous l'appellation évangile de l'enfance. On y parle de Joachim et d'Anne les parents de Marie, on y décrit la consécration de Marie à Dieu. Les miracles de Jésus nouveau-né y sont racontés, Jésus aurait parlé à sa naissance et il aurait peu après insufflé la vie dans des oiseaux d'argile! 

 

Le coran curieusement rapporte tels quels des éléments importants de la foi chrétienne, des éléments qui tendent à affirmer la divinité de Jésus. La conception virginale de Marie, Jésus est de l'esprit d'Allah, si le coran nie la crucifixion il parle de la résurrection de Jésus et de son ascension dans les cieux. Il affirme également que Jésus est exempt de tout péché et qu'il reviendra à la fin des temps. Mais par une contorsion qu'il est difficile de comprendre, l'islam fait de Jésus un musulman et dit de lui qu'il est l'esclave d'Allah!

 

Les affirmations du coran sur Jésus ne laissent pas d'embarrasser les savants musulmans, d'autant plus que dans les premières sourates Mahomet se mérite des reproches de la part d'Allah pour son peu de foi. Si l'on se fie au Coran, Mahomet se situe très loin en dessous de Jésus dont la stature et la sainteté est supérieure à celle de l'ensemble des prophètes. Certains savants musulmans du neuvième siècle ont dit que Jésus est le roi des rois et il s'agissait pour eux d'une conclusion logique découlant du coran. 

 

Le coran est un livre composite, il réunit des ouvrages disparates qui expriment des points de vue contradictoires. D'aucuns pensent que Mahomet à adapté la révélation aux circonstances, s'il a fait l'éloge de Jésus c'est qu'il bénéficiait alors du support des chrétiens à une période où il était en conflit avec ses compatriotes, les marchants de la Mecque. Il faut dire que Khadija sa première épouse était chrétienne, Nowfal, un proche parent de Khadija aurait été évêque et aurait grandement influencé Mahomet au début de sa prédication. Après le décès de Khadija et de Nowfal, Mahomet a tenté de se rapprocher des Mecquois, il a reconnu durant un certain temps leurs dieux ou plutôt leurs déesses et ce nouvel acte de foi s'est concrétisé dans une révélation coranique (les fameux versets sataniques), ce geste a conduit la plupart de ses adeptes à abjurer l'islam. Constatant qu'il n'y gagnait rien et qu'il y perdait beaucoup, Mahomet s'est repenti de son geste et a éliminé les versets sataniques du coran. Le conflit avec les mecquois a pris alors une tournure dramatique, obligeant Mahomet à se réfugier à la ville de Yathrib (Médine) où il a bénéficié, entre autres, du support des juifs avant de se retourner contre eux. Quelques années plus tard, ayant eu le dessus sur ses ennemis de la Mecque, il a institué l'islam comme seule religion en Arabie, non sans avoir au préalable exterminé les juifs et expulsé les chrétiens.

 

Réponse à la troisième question 


Le mouton ou l'agneau que les musulmans égorgent durant l'Aïd el Adha, la fête du sacrifice, commémore le sacrifice d'Abraham. Selon la bible Yahvé a demandé à Abraham de lui sacrifier son fils Isaac pour éprouver sa foi, et quand Abraham s'apprêtait à le faire un ange lui a donné l'ordre d'arrêter et lui a présenté un bélier qu'Abraham a offert en sacrifice à la place d'Isaac. Le coran rapporte la même histoire mais il met Ismaël (l'ancêtre des arabes) à la place d'Isaac et fait de lui le véritable héritier d'Abraham. Cette substitution avait un objectif politique, celui d'accorder aux arabes le statut de peuple élu afin de légitimer leurs conquêtes.

 

Réponse à la quatrième question


Non les soufis n'étaient pas chrétiens mais ils ont été influencés par le monachisme chrétien, ils ont aussi subi l'influence de la philosophie de Platon et de la religion de Zoroastre. Il est difficile de définir le soufisme et il ne faut pas tomber dans l'erreur de croire que tous les soufis sont des mystiques, plusieurs d'entre eux sont intolérants mais la plupart sont modérés et craignent à juste titre les islamistes particulièrement les salafistes qui leur reprochent de dévier de l'islam authentique. En effet on peut définir le soufisme comme un mouvement à facettes multiples où l'on trouve au sommet un mysticisme et une spiritualité de haut niveau et à la base une pratique islamique qui se distingue à peine de la pratique conventionnelle.

 

Les soufis, du fait qu’ils s’adonnent à la contemplation et à l’introspection, s’éloignent inévitablement de l’islam « orthodoxe ». Leur quête de la divinité émancipe leur esprit et leur permet de dépasser le sens littéral du texte coranique.  

 

Les soufis sont considérés comme des hérétiques musulmans par les salafistes et par les wahhabites d'Arabie saoudite. Le fait pour eux d'honorer leurs saints, de leur dresser des tombeaux dans les mosquées, leur vaut l'accusation d'idolâtrie. Récemment les salafistes en Égypte se sont attaqués aux tombeaux des saints du soufisme et les ont démolis.

 

J’espère avoir répondu à vos questions.

 

Hélios d’Alexandrie  

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