Frais de scolarité: dégeler les mentalités

by David


Puisque l’actualité s’y prête, quelques chiffres sur les frais de scolarité au Québec et au Canada.

Frais Scolarité Québec

Le Québec était la province avec les plus bas frais de scolarité en 1990 et en 2011.  C’est aussi l’une des provinces où les frais de scolarité ont le moins augmenté durant cette période.

Voici l’évolution des frais de scolarité au Québec en dollars constants.

Frais Scolarité Québec

En 1968, le Québec a gelé les frais de scolarité à 547$.  Depuis, ils n’ont été dégelés, de manière temporaire, qu’à seulement deux reprises, si bien qu’en 2011 ceux-ci étaient de 2 411$.

Si l’on tient compte de l’inflation, la somme de 547$ payée en 1968 représente l’équivalente de 3 472$ en 2011.  Donc, quand on compare l’évolution des frais de scolarité en dollars de 2011, le montant payé en 1968 est inférieur au montant payé en 2011.  Il est faux de prétendre que les frais de scolarité ont été gelés au Québec, car dans la réalité, en refusant de les indexer à l’inflation, ils ont été réduits.

Le résultat d’une telle politique ?

Frais Scolarité Québec

Que dire de plus…

En passant, une étude de Statistique Canada a confirmé que la hausse des frais de scolarité n’avait pas d’impact sur la fréquentation des universités.  Entre 1993 et 2001, les frais de scolarité ont augmenté de 77% au Canada. Durant cette même période, les jeunes de familles à revenu moyen ou faible n’étaient pas moins susceptibles de fréquenter l’université en 2001 qu’ils ne l’étaient en 1993. Conclusion: une hausse des frais de scolarité n’a pas d’impact sur l’accès à l’éducation.

Si les étudiants désirent un maintien du gel des frais de scolarité, ils devraient exiger que le gouvernement établisse des priorités en coupant dans certains postes budgétaires pour mettre plus d’argent en éducation.  Par exemple, ils pourraient réclamer la fin du programme de CPE ou de retraits préventifs, pour que cet argent soit réinvesti dans le réseau universitaire.

Le gouvernement prélève amplement d’impôts et de taxes pour maintenir un gel des frais de scolarité, il faut cependant que les politiciens et les étudiants réalisent que pour être efficaces, les dépenses de l’État doivent être bien ciblées dans quelques programmes bien précis au lieu d’être saupoudrées un peu partout.  Une chose est sûre, si le gouvernement persiste à vouloir intervenir un peu partout, puisque ses ressources sont limitées, il est irréaliste de demander un gel des frais de scolarité.

Alors, qui acceptera de sacrifier ses acquis pour en faire profiter les universitaires ?

Sources:
Statistique Canada
Frais de scolarité universitaires: 2011-2012, 2010-2011, 2009-2010, 2008-20092007-20082006-2007,  2005-2006 & Tableaux 385-0007

Ministère des finances du Québec
Groupe de travail sur la tarification des services publics

{ 1 comment… read it below or add one }

Simon Crépeault December 14, 2012 at 12:56 am

“En passant, une étude de Statistique Canada a confirmé que la hausse des frais de scolarité n’avait pas d’impact sur la fréquentation des universités.”

Ah oui?

Voici pourtant la conclusion de l’étude citée: “il y a peu de différence entre les taux de participation des jeunes de familles à revenu modeste (moins de 75 000 $) et ceux des jeunes de familles à faible revenu.”

Aucune mention de hausse de frais de scolarité ou de son effet sur la population.

L’étude “porte sur la mesure dans laquelle le lien entre la participation aux études postsecondaires et la situation familiale, soit le revenu des parents et le niveau de scolarité des parents, a évolué entre 1993 et 2001.”, pas sur l’impact de la hausse des frais de scolarité sur la fréquentation universitaire!!

Aucune mention de hausse des frais de scolarité…

Par contre, en voici une qui dit ceci à la p. 19: “les obstacles financiers sont bien réels et les hausses des droits de scolarité peuvent avoir un effet négatif sur la participation aux études universitaires”.

C’est tiré d’un document du gouvernement du québec : http://www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/ccafe/50-1123.pdf (à la page 19).

Faut d’abord lire, puis ensuite comprendre une source si on veut la citer correctement! Sinon, ça a l’air fou!!

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