Canada : Activisme hostile de l’ambassade d’Iran à Ottawa sous couvert d’activités culturelles

by Poste de Veille

Un reportage d'enquête de Steven Edwards dans le Ottawa Citizen. La suite demain : des Irano-Canadiens loyaux ont prévenu le gouvernement Harper d'un «appel aux armes» lancé par l'ambassade d'Iran à Ottawa.

Le site NER a également annoncé la publication en août d'une interview en profondeur de David Harris, expert canadien du contre-terrorisme. M. Harris parlera de cet « appel aux armes » ainsi que la manière dont les politiques canadiennes sur le multiculturalisme et l'immigration favorisent l'infiltration d'extrémistes islamiques au Canada.

  Canada-ambassade-iran

Lire aussi :

Canada : Nazanin critique l'Université Carleton pour la conférence pro-Khomeini

Canada : commémoration de la mort de l'ayatollah Khomeini

___________________

En l'absence de relations diplomatiques avec les Etats-Unis, l'Iran se sert de son ambassade au Canada pour recruter des Canadiens d’origine iranienne et les « mettre au service de Téhéran », ce qui a amené des experts du terrorisme aux États-Unis à mettre en garde contre la possibilité d’une attaque venant du nord de la frontière.

L'effort de mobilisation se déroule sous le couvert du programme culturel de l’ambassade. Selon des Irano-Canadiens opposés au régime de Téhéran, les intentions de la République islamique ont été révélées par Hamid Mohammadi, conseiller aux affaires culturelles de l’Iran attaché à l’ambassade d’Iran à Ottawa, dans une interview en farsi par un site Internet basé en Iran et qui s’adresse aux Iraniens expatriés au Canada.

Selon Mohammadi, la population iranienne au Canada, qu’il estime à 500.000, a des « caractéristiques » qui la « distingue » des autres immigrants. Il dit que les immigrants iraniens récents « ont gardé un attachement et des liens très forts avec leur patrie » et que les « jeunes immigrants de la 2e génération occupent déjà des postes influents au sein de l’appareil gouvernemental ».  Mohammadi exhorte tous les Irano-Canadiens à aspirer à « occuper des postes clés de haut niveau » et à « refuser de s’intégrer dans la culture canadienne dominante ».

Plus inquiétant encore, il décrit sur le site Iraniens résidant à l’étranger (iranyad.ir) comment son pays a l'intention d'amener les actuels et futurs Irano-Canadiens à aider l’Iran : « En 2031, la population immigrante totale du Canada augmentera de 64%, et le nombre d'Iraniens augmentera en raison du taux de natalité. Par conséquent, nous devons mettre en place des programmes culturels très concentrés afin d’entretenir et de renforcer la culture de cette population en pleine croissance. De toute évidence, c’est seulement grâce à de tels programmes et rassemblements que cette importante population se mettra au service de notre Iran bien-aimé » .

Officiellement, le Canada a une ligne dure avec l’Iran. Chaque année, il mène la charge de l’ONU contre le bilan catastrophique de la République islamique en matière de droits humains. Il entretient également des relations de gouvernement à gouvernement selon une « politique d'engagement contrôlé » (PEC) qui limite les relations à seulement quatre sujets, dont le meurtre, en 2003, de la photojournaliste Irano-Canadienne Zahra Kazemi dans une prison iranienne. Toutefois, même si la PEC interdit à l’Iran d'ouvrir des consulats ou des centres culturels à l’extérieur d’Ottawa, les officiels de l’ambassade iranienne semblent avoir trouvé des moyens de contourner cette politique.

Des immigrants iraniens activement opposés au régime de Téhéran affirment que le service de « consultation en matière d’éducation » de l’ambassade d’Iran à Ottawa est le principal commanditaire de la Convention des étudiants iraniens qui doit se tenir cet été à Cornwall en Ontario.

En 2010, un reportage du magazine Maclean révélait qu’un centre culturel iranien avait été fondé à Toronto par un diplomate iranien bien connecté, et financé par l'ambassade d’Iran à Ottawa.

« Le multiculturalisme est en train de tuer le Canada. J’en ai marre du politiquement correct dans ce pays » - Shabnam Assadollahi

« Les ambassades étrangères sont autorisées à mener des activités de sensibilisation au Canada, mais nous nous attendons à ce qu’elles le fassent dans le respect des lois canadiennes », a déclaré Rick Roth, porte-parole de John Baird, ministre des Affaires étrangères, dans un communiqué qui, selon les activistes opposés au régime iranien, ne démontre pas une ferme volonté de restreindre les activités de l’Iran au Canada.

« Le multiculturalisme est en train de tuer le Canada. J’en ai marre du politiquement correct dans ce pays », a déclaré Shabnam Assadollahi, une Irano-Canadienne d’Ottawa qui milite contre le régime iranien et qui a contribué à traduire l’interview de Mohammadi. « En acquérant la citoyenneté canadienne, vous devenez pratiquement intouchable, ce qui permet à ces gens de se rendre facilement aux États-Unis. La seule solution est de fermer l'ambassade d'Iran à Ottawa. »

David Harris, directeur du Programme du renseignement international et du terrorisme chez Insignis Strategic Research à Ottawa, a déclaré, lors de son témoignage devant un Comité sénatorial il y a plus d’un an, que l'Iran avait déjà une « présence agressive » dans la capitale canadienne, « tantôt en s’appuyant sur ses expatriés, tantôt en les persécutant ».

Aujourd’hui, des experts du terrorisme au sud de la frontière tirent la sonnette d’alarme.

«Il y a définitivement du recrutement : ils veulent des Iraniens avec des passeports canadiens, des Iraniens avec des passeports américains », a déclaré Steven Emerson, directeur exécutif du Investigative Project on Terrorism, un groupe basé à Washington faisant autorité, et producteur exécutif du documentaire à venir Jihad in America 2 : The Grand Deception.  « Le Canada ne figure pas en haut de la liste des ennemis de l’Iran, et il est donc probable que ce programme culturel vise à trouver des recrues pour des missions aux États-Unis : collecte de renseignements, intermédiaire aux fins du recrutement d’autres individus, exécution d’attaques, etc. ».

L'effort de recrutement iranien intervient dans un contexte de recrudescence de la tension entre les États-Unis et l’Iran. L'augmentation des sanctions de l’Occident visant à persuader le régime de Téhéran d’abandonner son programme nucléaire entraîne des difficultés économiques, ce qui amène d'éminents experts à craindre que la République islamique, inscrite par Washington sur la liste des États commanditaires du terrorisme, ne trouve un moyen de riposter.

Pas plus tard que l'année dernière, les autorités américaines ont accusé l'Iran d'être impliqué dans un complot avorté visant à assassiner Adel A. Al-Jubeir, l’ambassadeur d’Arabie saoudite à Washington. Dans le passé, les États-Unis ont expulsé des gardes iraniens de la mission de l'Iran à l'ONU pour espionnage présumé, et ont mis fin à plusieurs plans de collectes de fonds liées au terrorisme en faveur du Hezbollah, le bras terroriste du régime iranien au Liban.

La focalisation de l’Iran sur les Iraniens nés au Canada est tout à fait logique, selon Homayoun Mobasseri, directeur du groupe de défense des droits humains Neda pour un Iran libre, basé aux États-Unis.

Les Canadiens d'origine iranienne se font prendre leurs empreintes digitales à la frontière américaine même quand ils voyagent avec un passeport canadien, mais les enfants nés au Canada de parents iraniens peuvent s’attendre à traverser la frontière aussi facilement que n’importe quel autre Canadien.

Le Département américain du Homeland Security a référé au Département d'État les questions concernant les activités de l’Iran au Canada, et celui-ci les a référées au gouvernement canadien.

L’ambassade d’Iran à Ottawa n'a pas retourné un appel demandant des commentaires, et la mission de l’Iran à l’ONU a déclaré que seule son ambassade à Ottawa pourrait parler de ce sujet.

Source : Iranian embassy recruiting expats, par Steven Edwards, Ottawa Citizen, 10 juillet 2012. Traduction par Poste de veille

Leave a Comment

Previous post:

Next post: