Agnès Maltais se fiche de Movembre parce que féministe ?

by Olivier Kaestlé

C’est
malheureusement la question qu’il faut se poser à la suite d’une lettre
mise en ligne sur Facebook par Guy Boivin, porte-parole du tiers-parti
politique Équipe autonomiste, dont le 
programme consacre son quatrième article à la défense de la condition masculine.  Faut-il souligner que
cette réalité sans cesse balayée sous le tapis a bien besoin de se voir
reconnue au Québec, où hommes et garçons sont devenus, au fil des ans et
sous l’égide du féminisme d’État, des citoyens de second plan ?  Voici
la missive en question, adressée à nulle autre que la première ministre
du Québec, Pauline Marois :


Agnès Maltais

Bonjour madame Marois!


Il
me fallait, sans faute, vous aviser de certaines dérogations du moins
d’une de vos ministres. En effet, j’ai appris, par les coulisses, que
madame Agnès Maltais aurait éconduit le groupe Movembre en leur
répliquant: «Qu’elle n’avait rien contre eux car elle est elle-même
lesbienne, mais  que féministe, elle ne donnerait sûrement pas suite à
une de leur demande.» Vous n’êtes pas sans savoir que le groupe Movembre
est un groupe de défense des droits des hommes et qu’Équipe autonomiste
a encouragé la promotion de la Journée internationale des hommes, le 19
novembre dernier.

Ce
n’est que du ouï-dire mais je tenais à vous demander de rappeler à vos
ministres qu’ils sont là pour représenter tout le monde et pas seulement
certains groupes au détriment d’autres. Donc il vous faut défendre les
droits des femmes comme ceux des hommes malgré l’incitation actuelle
inverse, vu des organismes comme le Conseil du statut de la femme, le
ministère de la Condition féminine, défrayés aussi par les hommes; les
droits des entrepreneurs versus ceux des écologistes, etc. Je me
surprends moi-même de ces histoires mais je demeure confiant en votre
bon jugement et que vous saurez rappeler à l’ordre nos élus.

Espérant le tout à votre entière satisfaction, je vous adresse, madame Marois, mes salutations sincères.

Guy Boivin

Des clarifications s’imposent.


Guy Boivin se
montre prudent dans son approche en évitant d’accuser sans réserve une
ministre selon ce qu’il convient lui-même d’appeler des ouï-dire. Par
contre, il aurait certainement été préférable, à moins que la démarche
ait été tentée sans être rendue publique, que le porte-parole d’ÉA
demande d’abord à Mme Maltais de clarifier son point de vue sur le
litige invoqué avant de s’adresser à la première ministre du Québec.
 Même devant un refus de la ministre du Travail de s’expliquer, M Boivin
aurait alors 
été tout
à fait légitimé d’interpeller Pauline Marois et de lui demander
d’intervenir afin de reconnaître la légitimité évidente et essentielle
d’une initiative comme Movembre, quitte à remettre l’une des ses
ministres à sa place.

Lesbianisme et Movembre, quel rapport ?

Si Mme Maltais s’est vraiment exprimée envers des représentants de
Movembre comme on l’a rapporté à M Boivin, il y a de quoi se poser
d’urgentes questions sur ses motivations comme sur son argumentaire.
 Les unes comme l’autre ne pècheraient pas alors par excès de
pertinence…


Mme Maltais, indisposée par le soutien 
de James Bond, macho par excellence,
 à Movembre ?

En quoi, par exemple, le fait d’être lesbienne devrait-il inciter Mme Maltais à n’avoir rien contre Movembre,
ni rien pour, apparemment ?  Où serait donc le rapport entre son
orientation sexuelle et le cancer de la prostate ?  Les hommes aux
prises avec des problèmes de santé ou de détresse émotionnelle
représenteraient-ils par ailleurs à ses yeux une minorité opprimée, au
même titre que les personnes homosexuelles ?   



Elle n’aurait pas tort du
tout, mais l’homosexualité peut-elle de son point de vue se comparer à
la maladie physique ou mentale ?  Les gays et les lesbiennes
devraient-ils être envisagés comme des gens qu’il faille guérir de leur déviance ?
 N’est-ce pas contre ces perceptions que le mouvement de défense des
homosexuels lutte depuis des années ?  L’homosexualité, vécue par une
minorité, 
est une réalité que rien ne peut changer.  La maladie, physique ou mentale, doit être soignée, éradiquée, dans la mesure du possible.

 Franchement,
Mme Maltais, si vous avez tenu de tels propos, il faudrait clarifier
vos positions, car vous ne viendriez pas de vous mettre les pieds dans
les plats – une habitude, au sein de votre parti – qu’envers Movembre,
mais aussi envers une communauté à laquelle vous appartenez et dont vous
vous réclamez.    Faites-vous partie –  vous aussi – du club des mal
cités ?


Pour
en revenir à Movembre, il est difficile de concevoir, alors qu’il est
de plus en plus reconnu, chiffres gouvernementaux à l’appui, que les
soins de santé et de services sociaux demeurent onze fois plus
subventionnés pour les femmes que pour les hommes, qu’une ministre,
fut-elle péquiste, refuse de soutenir une cause aussi louable vouée à la
santé des hommes.  Si Mme Maltais reconnaît implicitement, en les
comparant à des lesbiennes, que les hommes en difficulté constituent une
minorité opprimée, pourquoi ne pas faire preuve envers eux de la même
générosité et du même humanisme qu’elle préconise envers ses semblables
?  La cohérence constitue-t-elle un tel luxe pour elle ?



Non, parce que je suis féministe !

Lise Payette, première ministre de
la condition féminine du Québec.
Le
motif qui aurait par ailleurs été invoqué par Mme Maltais pour se
dissocier de Movembre a de quoi faire sourciller :  elle ne peut épouser
cette cause, vouée à la reconnaissance des problèmes de santé
masculins, dont le cancer de la prostate, parce qu’elle est féministe.
 Bref, quand on se réclame du féminisme, on se doit de se montrer
insensible envers les hommes au point de faire preuve de la plus totale
inhumanité envers ceux d’entre eux qui souffrent !  Étonnante façon
d’envisager l’engagement envers la collectivité, quand on en repousse la
moité en fonction de son sexe.  Ceci, évidemment, si Mme Maltais a été
citée correctement.



Parce qu’elle
est féministe, et que Movembre se voit de plus en plus associé à la Journée
internationale des hommes – certains diront récupéré par les masculinistes – , faut-il également conclure que Mme Maltais
refuse de reconnaître l’apport essentiel de ces derniers à leur
collectivité ?  Une telle position ne serait pas surprenante de la part
d’un membre d’un parti politique reconnu pour son caractère soi-disant
progressiste parce que féministe, mais dans les faits sexiste envers les
hommes.  



Le premier ministère de la
condition féminine n’a-t-il pas été instauré sous le premier mandat du
parti québécois avec, à sa tête, Lise Payette, dont la
misandrie presque pathologique n’est plus à démontrer ?  N’est-ce pas
sous le PQ qu’a été mise en place l’inquisitoriale politique
d’intervention en violence conjugale qui fait que, chaque année, près de
10 000 hommes sont arbitrairement arrêtés sur simple dénonciation de
leur conjointe, puis relâchés, après un séjour de 24 heures en cellule ?
 Ces arrestations injustifiées ne surviennent-elles pas à la suite de signalements métamorphosés chaque année, par
la malhonnêteté du ministère de la Sécurité publique, en agressions
sanctionnées par un verdict ?  



N’est-ce pas sous Pauline
Marois, alors ministre de la Condition féminine, que le désormais
célèbre mensonge à l’effet que 300 000 femmes étaient chroniquement
battues au Québec a été commercialisé, dans les courant des années 80 ?
 Et que dire de Louise Harel, qui proclamait, alors qu’elle était elle aussi
ministre de la Condition féminine, que les hommes étaient trop
souvent mauvais payeurs de pensions, avant de se faire remettre à sa
place par Georges Dupuy auteur de Coupable d’être un homme, qui révélait la statistique à l’effet que 90 % des pensions parvenaient sans problème aux ex-conjointes ?



L’heure juste, s’il vous plaît!

Pauline Marois, première ministre du Québec.
Comme
nous ne pourrons jamais compter sur les médias pour clarifier les
déclarations de Mme Maltais, dans l’éventualité où ils en auraient été
informés, c’est à nous, citoyens et citoyennes du Québec engagés dans la
nécessaire reconnaissance de la condition masculine, de demander des
comptes à la ministre péquiste.  Agnès Maltais détient une page
Facebook.  Ensemble, nous devons lui demander si elle a bel et bien
éconduit la délégation de Movembre sans lui accorder son soutien et,
dans l’affirmative ou le refus de Mme Maltais de s’expliquer, lui
manifester notre plus vive réprobation avant de dénoncer ses positions à la première ministre du Québec, également présente dans Facebook .
 

C’est
l’accumulation de semblables gestes citoyens qui finira par éroder
l’indifférence étatique envers les hommes et les garçons du Québec et
par faire progresser notre société vers une véritable égalité homme
femme incluant, cette fois, le principe de réciprocité, en dehors des
stéréotypes réducteurs.   

{ 2 comments… read them below or add one }

Olivier Kaestlé December 8, 2012 at 12:06 pm

J’ai tenté d’envoyer un message à Mme Maltais, lui demandant de clarifier ses positions. Voici ce qu’on m’a répondu :

La remise a échoué pour ces destinataires ou listes de distribution : amaltais-tasc@assnat.qc.ca Votre message n’a pas été remis en raison des stratégies de sécurité. Microsoft Exchange ne tentera plus de remettre ce message pour vous. Fournissez le texte de diagnostic suivant à votre administrateur système. ________________________________ Envoyé par Microsoft Exchange Server 2007

Parlez-moi d’une ministre ouverte à l’opinion publique…

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Olivier Kaestlé December 8, 2012 at 2:03 pm

Cette adresse semble fonctionner : ministre@mess.gouv.qc.ca

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