Olivier Kaestlé

Les organisations et porte-parole islamistes doivent observer avec contentement le revirement de situation favorisant désormais le parti libéral du Québec, dont le chef islamophile, Philippe Couillard, pourrait bien devenir leur prochain premier ministre ce 7 avril.

Philippe Couillard, le choix des islamistes.
Il est étonnant de constater que la peur seule d’un plus qu’hypothétique référendum, dont une majorité de Québécois ne veut pourtant pas, aura suffi à faire basculer l’opinion publique en faveur d’un parti qui ne s’est toujours pas remis de neuf ans d’usure du pouvoir au bilan lamentable, des révélations incriminantes  de la commission Charbonneau, en plus de se voir doté  d’un chef sans vision et déconnecté de la sensibilité populaire.  Sommes-nous aussi naïfs que les sondages l’indiquent ?

N’est-il pas paradoxal de voir une majorité, parmi notre bon peuple, sur le point d’embarquer dans un navire prêt à sombrer, au prétexte qu’elle redoute qu’une… autre majorité improbable et fantomatique veuille quitter le Canada ?  C’est pourtant ce qui pourrait survenir ce 7 avril.  Quant à la sottise de croire que le PLQ redressera l’économie du Québec…  Même pas la peine d’en parler.

Les vrais gagnants


Les vrais gagnants, si le PLQ est élu, seront sans contredit les organisations islamistes.   Parmi ces sympathiques instances, le Collectif québécois contre l’islamophobie (CQCI), et ses figures de proue, Adil Charkaoui et l’imam Salam Elmenyawi, salivent sans doute à l’avance devant la transformation possible de notre tissus social passant du vêtement occidental au hijab, puis au tchador avant de finir avec la burka ou le niqab.  Mais je dramatise, sans doute…

Je resitue tout de même ces deux sympathiques militants de la « cause » islamiste, au cas où certains lecteurs, qui croient que la Charte de la laïcité n’a qu’une relative importance pour notre devenir collectif, trouveraient judicieux d’élire un parti qui aurait vite fait de la jeter aux ordures, au lendemain de son élection.

Adil Charkaoui
Originaire du Maroc, Adil Charkaoui avait été arrêté en mai 2003 en vertu d’un certificat de sécurité, puis libéré en 2005 après plus de 21 mois d’incarcération, moyennant de strictes conditions, dont le port d’un bracelet électronique. Son certificat de sécurité a été révoqué depuis. En septembre 2009, il a réclamé en vain des excuses officielles du gouvernement fédéral avant d’annoncer son intention de le poursuivre, ainsi que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et l’Agence des services frontaliers du Canada, pour la modique somme de 26 millions de dollars. 

En mai 2013, le journaliste Fabrice de Pierrebourg révélait l’existence d’un document d’une soixantaine de pages, déposé par les procureurs fédéraux, à l’effet que Charkaoui aurait voulu commettre une attaque biochimique contre le métro de Montréal.  Une conversation particulièrement incriminante aurait été surprise. 

«Malgré le fait que la teneur de la conversation ne permettait pas de confirmer définitivement l’identité du «Adil» en question, le SCRS était d’avis qu’il s’agissait effectivement du demandeur [Adil Charkaoui] en raison des liens étroits du demandeur avec Abdlerazik et Ezzine et de la prononciation particulière du prénom utilisé [...]», pouvait-on lire dans le document cité par le journaliste spécialisé sur la montée de l’islam politique à Montréal. 

À cet opposant à la Charte et au PQ s’ajoute le personnage pour le moins controversé de Salam Elmenyawi, qui avait milité avec insistance auprès du ministère de la Justice en 2004 pour instaurer au Québec une cour islamique, prônant la charia, rien de moins. 

L’islamiste devait fustiger avec véhémence Fatima Houda-Pépin après l’adoption, le 26 mai 2005, de la motion que la députée libérale avait présentée et par laquelle l’Assemblée nationale s’est prononcée à l’unanimité contre «l’implantation de tribunaux dits islamiques au Québec et au Canada». Cette mesure avait pour but de protéger les femmes musulmanes des aberrations de la charia et d’empêcher les intégristes musulmans de se soustraire aux lois canadiennes et québécoises.

Salam Elmenyawi
La tentative de l’imam était cependant loin de représenter le geste isolé d’un seul fondamentaliste.  Le site Point de bascule avait déjà révélé que la Ligue islamique mondiale (LIM), organisation saoudienne opérant en Amérique du Nord, était en fait à l’origine de la tentative ratée d’implantation des tribunaux islamiques au Canada. Dès 1991, cette organisation avait convoqué des imams vivant aux États-Unis et au Canada à une réunion ayant pour thème « Élaborer des stratégies pour introduire la charia au Canada et aux États-Unis ».  À méditer. 


Encore les hijab barbies…


Comme les militants semblables à ceux mentionnés plus haut ne possèdent pas à un degré très élevé l’art de susciter la sympathie et l’engouement populaires, Il serait judicieux ici d’évoquer le recours d’un groupuscule islamique, l’Association Bridge, de Montréal, à son bataillon de charme, les hijab barbies.  

Cette association, dirigée par l’imam Ali Sbeiti, un fervent Khomeiniste, a pour porte-parole la plus connue la sémillante Dalila – mon voile, c’est mon choix – Awada, que plusieurs médias – dont surtout Radio-Canada – s’entêtent à ne présenter que comme une douce et inoffensive étudiante en sociologie de l’UQÀM.

Le site Poste de veille relatait ainsi la promotion de cette ambassadrice islamiste au sein de Québec solidaire : « En 2012, dans les locaux de l’Association Bridges, Dalila Awada “a été nommée nouvelle porte-parole par l’assemblée générale” de Québec Solidaire pour Montréal-nord… “Nous croyons”, avait-elle alors dit, “que l’organisation politique que nous bâtissons (…) correspond aux valeurs de la population nord-montréalaise”. »  Prosélytisme, quand tu nous tiens…

Soulignons que l’imam Sbeiti incite plus que fortement les fillettes qui fréquentent sa mosquée à porter le hijab.  Après avoir présenté une vidéo révélatrice sur le lavage de cerveau infligé à ces enfants, Poste de veille poursuit : « Alors que Dalila Awada veut nous faire croire que le port du hijab relève d’un choix personnel, ces fillettes nous disent la vérité : terrorisées par la crainte de l’enfer, elles ont adopté le hijab afin de plaire aux mollahs (comme Sbeiti) qui les endoctrinent dès l’enfance à craindre allah. »

Un bien touchant portrait de famille…
D’autres hijab barbies, liées à l’Association Bridge, se sont illustrées sporadiquement dans les médias, véhiculant le même endoctrinement qu’Awada.  Qu’il suffise de nommer Elsy Fneiche, Rima Demanins, Samira Laouni ou Mouna Diab qui, après avoir été arrêtée pour exportation des pièces d’armes vers le Liban, s’est vue accusée de terrorisme pour liens présumés avec le Hezbollah.


Comme un malheur ne vient jamais seul, l’Association Bridge pourrait entretenir des liens privilégiés avec la Bridges Foundation, instaurée par Fadel Soliman, qui a pour but avoué de présenter sous un jour favorable l’islam politique aux non-musulmans. C’est du moins l’hypothèse avancée par Louise Mailloux, candidate péquiste dans le comté de Gouin, devant Françoise David, députée sortante de Québec solidaire.  

Soliman, détenteur d’une maîtrise en charia, donne des formations sur ce sujet captivant aux États-Unis et au Canada, comme s’il ne s’agissait que de séances de yoga.

L’heure des choix

Il existe plusieurs autres associations islamistes au Québec, dont Présence musulmane, en lien direct avec les Frères musulmans et Tarik Ramadan, favorable à un moratoire sur la lapidation des femmes, sans oublier le Conseil islamique canadien, militant des tribunaux islamiques en Ontario, deux organisations qui ont infiltré la Fédération des femmes du Québec, par Québec solidaire interposé.

Depuis, ce regroupement féministe devenu aussi insipide qu’inutile n’est plus bon qu’à terroriser un candidat de la CAQ ayant eu le malheur de dénoncer la dégradation de la condition masculine au Québec.  Pendant ce temps, des imams rétrogrades peuvent endoctriner des fillettes à perdre leur identité au nom d’Allah avec la bénédiction de ces militantes.  Quel courage !  

Bernard Drainville, porteur de ballon.
Entre-temps, le 7 avril approche à grand pas.  Bien sûr, le bilan du parti québécois est plus qu’insatisfaisant.  Celui du PLQ, au bout de neuf ans, a-t-il été meilleur ?  Alors que les tiers partis ne sont bons qu’à diviser le vote sans jamais pouvoir espérer conquérir le pouvoir, le choix devra se faire, encore et toujours, entre les deux mêmes partis.  

Une principale caractéristique les différencie, pour ne pas dire qu’elle les oppose : la défense de notre identité.  Le PQ, que ce soit par opportunisme, par conviction, ou pour ces deux motifs, y croit, tandis que le PLQ, par opportunisme seul, est prêt à mettre en péril non seulement notre identité, mais notre mode de vie et le respect de l’égalité entre les sexes.  

Le 7 avril, tous les débats et les efforts déployés en vue d’établir des balises claires afin de faire reculer l’intégrisme islamique pourraient bien avoir été vains si nous élisons un gouvernement libéral.  Pouvons-nous vraiment courir ce risque dicté par la peur irrationnelle d’un référendum illusoire ?

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